LA DÉLINQUANCE EXISTE AUSSI EN ZONE RURALE
On voudrait nous faire croire qu’il n’y a quasiment pas d’actes délictueux à la campagne.
Disons plutôt que les médias ne sont pas présents pour les constater.
Heureusement, en valeur brute, sur les 1200 habitants de mon village, il y a moins de délits que sur les 12 millions d’habitants de l’Île-de-France. Il s’agit d’une population modeste qui n’intéresse que peu les voleurs.
De plus, les caméras de télévision ne sont pas présentes à chaque délit important.
Les journaux locaux remplissent moins souvent leurs colonnes avec de tels actes.
Les victimes déclarent apparemment moins souvent les délits d’autant plus que les forces de l’ordre sont souvent éloignées et moins présentent en raison de la superficie à couvrir.
L’objectivité voudrait que l’on compare le taux de délinquance par rapport à un même nombre d’habitants. Mon village de Lormes représente dix mille (10 000) fois moins de population que la région parisienne d’autant plus que beaucoup d’habitations sont en réalité des résidences secondaires ou bien des maisons à vendre qui ne trouvent pas preneur.
GRANDE FRAGILITÉ DES CAMPAGNES QUANT À LA Délinquance
Pour ma part, je déplore beaucoup plus de vols et d’actes de malveillance sur mes biens qu’en région parisienne. C’est d’autant plus dramatique que mes revenus ont radicalement baissé.
Installé par accident depuis 1998 dans le village de Lormes sans possibilité de retour en région parisienne, je subis de multiples arnaques de la part d’habitants experts en malhonnêteté.
Je précise tout de suite que la majorité des gens de Lormes sont souvent âgés, ont une vie plutôt calme et ne posent pas de problème.
Toutefois, Lormes accueille des cas sociaux commettant des vols et des dégâts matériels. Le vandalisme a souvent lieu à l’occasion de fêtes, lors de consommations excessives d’alcool. Cela provoque également des bagarres. C’est le fait de petits groupes d’individus de Lormes ou des environs.
Actuellement, en novembre 2020, cette délinquance matérielle est en baisse apparente, d’après mon ressenti sur des faits objectifs. On parle davantage de problèmes de drogue. Restent des vols dans mon magasin dont les auteurs supposés ne semblent pas être de la région proche.
Il faut être malin pour réussir en zone rurale. « Malin » ?
À l’occasion de conversations dans les cafés, j’ai été prévenu « pour réussir ici, il faut être malin« . C’est une tournure de phrase qui m’a interrogé.
À mon arrivée, en 1998, je vendais des ordinateurs Apple en banlieue parisienne depuis 1991 en réponse à un besoin et une demande. Réussir était pour moi une question de compétence pour satisfaire un client plutôt que d’astuce.
JE N’AI AUCUNE UTILITÉ POUR CETTE RÉGION
J’ai perdu le contrôle sur ma vie
Pourtant, dans la deuxième année suivant mon arrivée, mon entreprise a été mise en faillite suite à un différend avec mon cabinet comptable.
Toutes les autres factures de mes fournisseurs étaient pourtant réglées et mon compte bancaire était alimenté.
Je voulais reprendre une activité professionnelle. Je ne pouvais vivre seul, avec un revenu minimum sans activité.
Quelqu’un de bonne foi et que je respecte m’a pourtant déclaré : « il n’est pas question que tu travailles ici« .
J’ai reçu cela comme une sentence. D’autres faits me confirmèrent qu’il m’était conseillé de vivre sans rien faire, avec un revenu minimum dont je devais me satisfaire.
Je ne pouvais accepter de finir ma vie seul, dans la misère, sans voyager avec mon amie. Oui, j’ai toujours aimé voyager, mais ne n’ai jamais souhaité cette petite mort dans une campagne reculée même si je l’aime pour un week-end de temps en temps.
Vivre, c’est agir
Mon caractère actif ne pouvait accepter cela. C’était pour moi un dépérissement et l’obligation de renoncer au bonheur de vivre en réalisant ses projets dans la dignité.
J’ai persisté dans ma recherche de créer une activité utile à la région.
J’avais déposé une marque « Magasins de Pays – Relais proxi-marques » dont le but était de donner une visibilité aux professionnels de la région.
Une telle initiative devait être soutenue localement et sur la région. Elle ne pouvait rester au niveau individuel pour se développer.
J’y crois encore, mais j’ai abandonné, me rendant compte que je n’aurai jamais aucun soutien.
On m’a montré qu’il y avait d’autres initiatives locales qui naissaient dans ce sens.
J’avais envie de développer le tourisme dans le Morvan
J’aurais aussi accepté d’aider dans d‘autres domaines comme le tourisme en développant l’accueil de touristes européens dans le Morvan. J’en aurais facilement acquis les compétences puisqu’à Paris, j’organisais des voyages de Français vers les pays d’Europe.
Faire l’inverse ne me semblait pas plus difficile, bien au contraire.
Il aurait fallu améliorer le confort des capacités d’accueil, mettre de la couleur(1) et de l’animation dans les rues du village, transformer l’axe principal en rue piétonnière de Pâques à octobre tous les jours en juillet et août, les week-ends les autres mois, développer des emplois liés au tourisme, faire de la publicité, etc.
Rien d’impossible, mais ils préfèrent le bénévolat. Ils vous diront que je suis fou et moi je dis : « il faut retrousser ses manches et agir en grand en s’appuyant sur ses richesses naturelles« .
Créer de l’emploi local, pas de l’assistanat
Ce que je n’aurais surtout pas fait, c’est d’attirer de nouveaux habitants pour remplir des maisons grises avec des allocataires de revenu sociaux. C’est du travail pour les gens dynamiques et des clients dont la région a besoin. Il faut viser l’emploi local par la création de richesses.
J’ai oublié l’idée d’initiative collective pour contribuer au développement de la région.
Je me suis résigné à davantage de « discrétion » en démarrant une friperie qui est devenue au fil du temps une recyclerie.
Je me suis occupé à tuer le temps
J’ai maintenant une autoentreprise de vente de matériel d’occasion et je suis confronté en permanence aux vols, impayés et abus de confiance de toutes sortes. Ils volent même des verres à 20 centimes en détournant mon attention.
Pour les gens nécessiteux, j’aurais accepté de donner quelques verres ou contre un bon d’achat d’un organisme social. Cependant, même avec le revenu minimum, je pense qu’il est possible d’acheter quelques verres à 20 centimes d’autant plus que c’est un article durable. Il faut rendre leur autonomie à ceux qui sont dépendants du tout gratuit.
S’installer dans l’assistanat est nocif. Il retire aux assistés la nécessité de gérer sa vie et de choisir librement, d’avoir des projets. Toute valeur disparaît. Derrière l’assistanat, il y a quelqu’un qui paye. La dignité, c’est le travail, c’est aussi la liberté.
Ils sont champions dans les techniques du « tout gratuit« aux dépens des autres si bien qu’il faut vivre dans la méfiance continuelle et sans aucune relation amicale, « gratuite« , dans ce cas.
En 16 ans (2), ils ont déconstruit ma vie par l’enfermement dans une région de solitude et de misère.
Perte des valeurs : l’égoïsme prime sur l’humain
L’installation dans l’assistanat entraîne une perte des valeurs. On n’est plus responsable de rien. C’est à la société de tout donner. Il faut se souvenir que même une compagnie d’assurances facture ses prestations à ses adhérents par péréquation solidaire.
Le matérialisme en France et dans le monde a supplanté l’humain depuis de nombreuses années dans une trop grande part de la population.
Cela concerne aussi trop souvent les organisations dites « de solidarité » ou qui s’affiche avec des buts sociaux.
C’est une grave déviance de la société dans son rôle social envers les personnes fragilisées.
Cela met aussi en péril les devoirs fondamentaux d’un pays concernant par exemple l’éducation, la culture, la santé, la sécurité et tout ce qui touche à la nation. Ce sont au contraire les structures collectives de ce type qu’il faut renforcer pour limiter l’assistanat.
Sans une prise de conscience et une réaction des peuples la situation va empirer par la dictature du matérialisme sans respect de la vie.
1 – des peintures artistiques ont animé certains murs 18 ans après que je l’avais suggéré dans un questionnaire de Christian Paul, c’est tardif et ce n’est pas suffisant, il faut un plan global
2 – Texte créé en 2014, puis mis à jour
